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Pour un renouvellement en profondeur du projet d’indépendance

Depuis 1995, force est de constater que le projet d’indépendance du Québec s’est égaré sur des chemins périlleux, jusqu’à disparaître des enjeux qui rythment nos campagnes électorales. Ce constat est dramatique quand on se rappelle que la question de l’avenir politique du Québec, qu’on l’imagine à l’intérieur ou à l’extérieur du Canada, demeure une question non résolue qu’on refuse, depuis 25 ans, d’aborder de front, tant chez les souverainistes que chez les fédéralistes.

 

Quotidiennement, nous nous esquintons à nous développer et à nous épanouir sans jamais questionner le régime canadien qui encadre et conditionne fortement notre avenir tant économique, social, culturel, qu’environnemental.

 

Pas surprenant que 54% des Québécois-e-s se disent aujourd’hui ni fédéralistes ni indépendantistes! Quand on se fait croire que le régime politique dans lequel nous évoluons ne pèse pas sur notre quotidien et sur la réussite de nos aspirations, pourquoi remettrions-nous à l’ordre du jour cette question compliquée, parfois même douloureuse ? Ainsi, une question non résolue devient une question dépassée à ranger au rayon des vieilleries. Passée mode, les partis politiques auront tôt fait de la chasser des plateformes électorales. La saveur du jour doit cesser d’occulter l’intérêt supérieur du Québec.

 

Depuis peu, on observe du mouvement. Dans le camp fédéraliste, la CAQ ose formuler des demandes face à Ottawa. Les « non » s’accumulent et les résultats se font attendre, mais la situation s’éclaircit. Exit la tactique des Libéraux qui consistait à nous endormir en ne demandant rien pour éviter à tout prix le conflit.

 

Dans le camp souverainiste, ça bouge aussi. Le Bloc québécois, semble avoir réussi sa réconciliation en procédant à la refondation de ses statuts et de son programme. Le PQ parle de se recentrer sur l’indépendance et se déclare prêt à tout remettre en question lors d’un congrès spécial précédant une course à la chefferie. Catherine Fournier démissionne précipitamment en appelant à un électrochoc, sans préciser où elle va. Enfin, Québec solidaire avait, à la faveur de sa fusion avec Option nationale, clarifié son programme politique pour s’engager à mettre en place une assemblée constituante avec un mandat indépendantiste. L’arrivée d’ON permettra-t-elle, à l’avenir, un redéploiement de la stratégie indépendantiste et clarifiera-t-elle la place de ce projet dans la vision globale du parti ?

 

Rien de tout cela n’est abouti ou garanti. Néanmoins, c’est encourageant et porteur d’espoir. Tout cela mérite que l’on donne la chance aux coureurs. Mais tout cela exigera de la profondeur, de la rigueur, de l’ouverture et surtout, une volonté de ne pas sacrifier l’intérêt national à la recherche immédiate du pouvoir.

 

Comme société civile convaincue que l’indépendance est essentielle à la réalisation du projet de société auquel les Québécois-e-s aspirent, nous voulons contribuer au succès de ces  initiatives. Nous laisserons aux partis politiques le soin de revoir leurs statuts et leurs pratiques respectives. Nous comptons toutefois participer activement à la reformulation du message politique qui doit sortir de ce vaste rebrassage de cartes.

 

Il ne suffira pas de promettre un référendum. On n’est plus dans les années ’70, ni même ’90. Le Québec a beaucoup changé depuis et les francophones ne sont plus au bas de l’échelle sociale. L’insécurité linguistique n’est plus ressentie comme avant l’arrivée de la loi 101. L’école en français a changé le regard des jeunes générations sur les nouveaux arrivants. On a davantage confiance en soi et on rebute à se définir comme d’éternels assiégés. De nouvelles priorités se sont imposées : environnement, mondialisation, question autochtone, croissance des inégalités, pour ne nommer que celles-là. Bref, cette nouvelle donne exige d’abord de répondre à cette question: pourquoi l’indépendance en 2019 ?

 

Il faut renouveler le projet et le discours, et changer de paradigme. Il faut aussi revoir les approches, permettre à la société civile de s’approprier le projet d’indépendance. Il faut sortir le débat des seuls milieux indépendantistes. Il faut faire les liens entre l’indépendance et les aspirations collectives. Il faut placer le citoyen au cœur de la démarche et appeler à une assemblée constituante. Il faut parler à la tête et au cœur de tous les Québécois-e-s. Enfin, il faudra s’assurer que le débat résonne en dehors des partis politiques pour qu’un projet renouvelé fasse le plein de propositions fortes pour baliser la marche vers le pays. Ce n’est pas d’un vague espoir d’indépendance dont on a besoin, c’est d’un plan de match actualisé, concret et inscrit dans le temps.

 

À l’aube de notre assemblée générale du 6 avril prochain à Longueuil, les OUI Québec réfléchissent à un projet interpellant toutes les forces vives de la société québécoise en vue de faire le point sur notre situation politique, économique, sociale et culturelle qui permettrait de nous doter d’une démarche conséquente pour bâtir notre avenir collectif. Ce serait, pensons-nous, une contribution utile à cet effort de renouvellement qui doit impérativement réussir.

 

 

 

 

 

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